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| Organistrum du Pórtico de la Gloría, cathédral de Santiago de Compostela (XIIe s.). |
Le principe de fonctionnement de la vielle à roue est celui des instruments
à cordes frottés mais, au lieu de l’archet, c’est une roue colophanée, tournée par le joueur au moyen d’une
manivelle, à frotter sur les cordes en les mettant en vibration. On a des cordes à intonation fixe (les bourdons) et des autres
que, à travers un clavier qu’en modifie la longueur, produisent la mélodie. Un dispositif particulier, la « trompette
» est constitué par chevalet mobile (le chien) qui vibre sur la caisse harmonique et marque le rythme avec son caractéristique
son vrombissant. Cela l’on obtient en agissant sur la rotation de la manivelle qui actionne la roue.
Les premières témoignages de la vielle à roue remontent à un traité du Xe siècle où elle est appelée organistrum. Elle était
de grandes dimensions et était jouée par deux personnes. Probablement cet instrument servait à remplacer l’orgue dans
les communautés religieuses les plus pauvres.

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| Église de Santa Maria la Real à Sasamon. |
À partir du XIIIe siècle, l’instrument subit une évolution par la recherche d'un confort pour les joueurs. Il devient
plus court, et sa manipulation ne nécessite plus qu’une seule personne. Au début de ce siècle, sous le nom de symphonia,
cet instrument sert surtout à l’interprétation de musique qu’on qualifie de savante. Mais vite détrônée par l’orgue
qui accompagne de plus en plus les chants religieux, la symphonia devient profane du fait de l’extension de son répertoire,
souvent dansé, et de multiples améliorations techniques modifiant petit à petit sa personnalité.
Au XIVe siècle, le chien fait son apparition, et est utilisé uniquement pour les danses dans les campagnes. Le nombre de cordes
augmente également pour passer à cinq voir six (deux cordes mélodiques, une corde rythmique, deux à trois bourdons) ; quant
à la tessiture, elle évolue petit à petit d’une octave diatonique vers deux chromatiques complets. Ainsi ce siècle a
été une véritable période charnière pour l’instrument. On le trouve aussi bien dans les églises, à la cour des rois
que chez les bandits, et jusqu’au XIXe, la vielle à roue subira une oscillation entre ces milieux.

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| Le Vielleur, Georges De la Tour (1593-1652). |

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| Vielle fabriquée par Mario Buonoconto en 1999. |
Les accords ne seront codifiés qu’au XVIIIe siècle. C’est d'ailleurs à partir de cette époque que l’on peut
véritablement parler de vielle à roue. Les premières méthodes apparaissent. L’instrument entre partout, il devient à
la mode et, avec l’époque baroque apparaît tout un raffinement quant à sa décoration : les chevilliers se trouvent ornés
de magnifiques têtes sculptées (inspirées des manches de violes), les plumiers et tables d’harmonies sont recouverts
de marqueteries, etc. De nombreuses sonates pour vielles, violons et basses sont composées par Chedeville, Corette et aussi
par Mozart et Vivaldi. La noblesse – dont la qualité du jeu importait moins que l'effet de mode – s’approprie
véritablement la vielle à roue, laquelle avait été maintenue jusque là par une classe sociale largement méprisée par ces derniers.

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| Planche de l'Encyclopédie de Diderot et de d'Alembert |
Le XIXe siècle verra cependant sa renaissance progressive dans les campagnes. De nombreux luthiers parisiens ont fuit la capitale
lors de la Terreur pour se réfugier en Berry et en Bourbonnais ; ce sera l’âge d'or de la vielle à roue en France et
ce jusqu’au début du XXe siècle. Malheureusement la vielle se retrouvera une nouvelle fois détrônée, cette fois-ci par
l’accordéon diatonique qui apparaît mieux adapté pour les airs en vogue. À partir des années 1970, la vielle renaît
doucement, notamment auprès des jeunes. Des musiciens comme le suisse René Zosso, mais aussi des luthiers, vont faire revivre
l’instrument en lui apportant un regard nouveau.
Aujourd’hui, la vielle est présente dans de nombreux groupes folkloriques, groupes de musique ancienne et traditionnelle,
mais également dans des formations contemporaines.

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| René Zosso |
En résumant, la vielle est le seul instrument à cordes, et à clavier, dont la roue sert d’archet. Il en existe sous
de multiples formes (rondes, rectangulaires, plates... suivant les luthiers et les exigences des musiciens) dans toute l’Europe.

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| Vielle fabriquée par Paolo Coriani en 2002. |
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